Poesia

“Suite, o scioglimento” di Jean-Charles Vegliante

136006_550941951586959_1999168883_odi Jean-Charles Vegliante. 

Amici dall’Italia mi chiedono testi poetici. Ma io scrivo solo testi poetici (se posso così dire), anche quando devo adempiere ai doveri comuni della vita accademica, ad esempio con relazioni scritte o brani di saggi. Mentre vado in facoltà – scale di casa, strade, metrò, altre strade – scribacchio ad esempio: “Le donne che incrocio per strada si concentrano, così sembra, su un loro segreto; che mai saprò”. Ossia, in altri termini:

Les femmes que je croise dans la rue, jeunes
non résignées, comme elles regardent ! L’air
d’avoir un secret, de savoir ce que je
ne saurai jamais (nous qui restons à terre…),
ce que porte leur corps, en nuage clair.

Ove si sarà riconosciuto un sintagma montaliano – oggetto della prossima ventura lezione infatti –, ma non certamente l’allusione segreta a un altro mio testo (ahimé quanto antico di già), con strane “sorelle non rassegnate”, come, se non ricordo male:

Sœurs non résignées (?)

E dove, non so (oppure erano lì “possédées” come in Source de la Loue, un quasi poemetto del 1995?). Anzi provo a ritrovarlo adesso, per l’occasione presente, e non ci riesco, e ciò mi angoscia non poco. Eh, si fa presto a dire “intertestualità”. La realtà delle cose, in perpetuo spostamento, è alquanto più complessa. Intanto, la forma del quintil andrebbe presa in considerazione, per quanto mi riguarda. L’ipertesto informatico, del net, forse, fornirebbe una più giusta immagine (e lì, farei presto a ritrovarlo tra l’altro, ma non è neppure così). Nel mio computer, grazie alla funzione “cerca” ripesco comunque per altro questo stralcio:

la simple fleur du genêt léopardien courbée mais non résignée, telle une créature fraternelle au « capo innocente »…

ma era in un discorso in prosa, per l’appunto accademico, sul concetto di fulmineo svelamento o découvrement (un convegno nostro del 2011, ormai pubblicato). Ma quella circostanza mi porta indietro anche a una sgradevole esperienza di Pronto Soccorso, o di viaggio scomodo in treno (non TAV); e con ciò forse potremmo cominciare a conoscerci meglio:

Sala d’aspetto

Dice: qua mi sono riparato una volta che pioveva.

Dice: da piccolo vidi gli elefanti entrare nell’orto di mio zio Uti.
Dice che non sa più quasi parlare da quando ha incontrato l’angelo.
Dice basta con le forme, le orme.
Lascia la frase a metà non si volta appena lo chiamano alzato.
Luna ombrosa trapela quasi da tende sbiadite, che facciamo qui?

Ma non scomodiamo, per piacere, il grande Giovanni solo per quell’orme in postura di quasi allitterazione (il lui, piuttosto con ombre, prima tentato e poi da me cancellato, lo ammetto, di sopra). E poi basta coi discorsi, ecco la Suite promessa, ormai più “parole non ci appulcro”:

La vie est-elle plus longue…

È più lunga la vita
in questo giardino dove niente si muove,
dove le nebbie salgono ogni sera
dai canali invasi dal fango?
Una luna gobba buca la nera
pendenza, infonde il suo latte di foglie
nella valle che il cielo non accoglie,
i tetti a filo delle scarpate,
le erbe arrugginite. Imputridiscono
ancora acque lontane, ancora
cose che si ricordano.

(in: Nel lutto della luce, trad. G. Raboni, Einaudi, 2004)

**

Salut à E. S.

T’as vu une ange traverser le ciel ailes
ouvertes, raides
c’est une avion wir haben
wo wir lieben ajoutait-il, ja nur dies:
she dies n’est-ce pas, aussi, comme tout le monde
et tu es parti sans crier gare:
c’est un
train ! il peut en cacher un autre (un enfant):
l’inconcevable arrive à la vitesse
d’un
TGV sans maître
les conducteurs sont morts
hors service (HS) : e tu precipiti
déjà
dans le sommeil (le ciel où aile attend
j’ai
vu ton enfant malade – il est grand
tu savais ?)
i frati
non gettano più le caramelle
c’est sûr, c’est sûr, rien n’est sûr :
que ce départ :
elle, lumière
blessée, attend de te voir :
l’ultima volta, dice, tua beatrice ?

(per Luciana, 2011)

**

L’ancien

(en lisant I. Ch’Vavar)

Je sens le chuintement des têtes
mortes, je sens le vent bis du d’ssous
dans chol’ sale où le temps se voûte,
où une brèche à ç’t’heure bée
dans la haie, puis des portes
sur la crad’ cour sont béantes dans ç’te langue
et un monde crasse nous sourit
dans tout ça (que je lis sans savoir dire) :
on contente du petit monde innocent
et froid, qui nous réchauffe,
serrés fort autour des dernières braises rouges
(fort din quôi ?)

24-04-10 *

* Disperata traduzione dell’amica collega Lucrezia Chinellato : L’antico  // Sento el colar zó de le teste / morte, sento el vento biso qua soto / té chel sporco ‘ndó che ‘l vento se revolta / ‘ndó che na brecia se verse a sta ora / té la sièsa, e le porte / té la córte spalancade so sta lengua / e un mondo onto ne soride / su tuta sta roba (che lèso e no so dir): / se s’incontenta del picolo mondo inocente / e fredo, che ne scalda, / streto forte intorno a le ultime bronse rosse // (forte dde che?).

**

Storia privata

Buttato là senza mai pietà di madre
senza calda mano senza saper dove
sicuro mangiare senza timore, e
sotto l’occhio rosso d’un cielo di grandine
minacciante chissà di chi ira bieca
come si dice (o come non si rimuove)
di chi vuole solo l’ultima dispnea
per te… Lascia l’acqua buona tra i capelli…
ma il tuo nemico non è altro da te.

(2010)

(Inediti)

**

Presque rien

La nuit noue des bandeaux de toxique brume.
Dans sa poix retiens fort ta respiration,
jusqu’au jour qui luit pur à offrir son leurre
de songe – où tu scintilles par mille tiges :
nous courions sur des pentes de foins coupés
sans penser à rien sans intérieur sans bruit.
La nuit coule doucement dans la lumière,
elle est l’envers de la peau divine et coule
avec son sang aveugle au-dedans, le noir
qui court sous les blés, les étoiles tournantes
des ciels de Vincent, des jours longs de vacance.
Sombre nuit, jour clair, paradoxe de l’ombre
à l’éclat du diamant, grave transparence
voguant par flots de feuilles sans épaisseur.

(in «L’Étrangère» n°28, 2012)

**

Où s’élancer

L’avion vire sur l’aile,
bascule dans la nuit.
Nous nous sommes quittés trop vite,
nous sommes perdus chaque
jour qui passe un  peu plus,
plus d’occasions perdues, se dire
ça ne fait rien, derrière
la prochaine barrière
de nuages nous parlerons
du débordement, du mensonge:
pourquoi tant de menaces
dans la moindre mémoire?
S’il fallait que chacun persiste
sous la peau des intimes
significations, où
pourrions-nous libérer le ciel ?
empêcher le désastre
de la proximité ?

(Le même en prose)

Éclairs jaunes, éclairs blancs, gris tarmac, c’est parti sous l’aile déjà le choc du train, la violente poussée, puis une pièce d’herbe grillée, c’est parti la nature pourtant, des champs mémorables et nos voisins fourmis. Vivants comme nous là-dessous, aussi défaits avant d’avoir combattu. Vie presque niée, obliques rayons d’un soleil qui s’en va parmi les nuages d’acide, les brouillards verts, le coléoptères immunisés tout à coup silencieux. Et la pénombre électrique envahit l’avion : bien sûr c’est ce qu’écrit l’autre, tu développeras ça en parousie une autre fois. La force des réacteurs nous reprend, des prosateurs. Une jeune femme seule renversée, bouche tragique grand ouverte ment – comme morte, n’était ce tressaut oblique de pantin anglais, ce râle à peine. Si plus simples étaient nos existences, on la pourrait secouer doucement, lui dire je t’en prie, ne fais pas à toi-même encore le mal qui nous détruit. Ne t’éloigne pas. Sai che per sempre nella nostra pochezza ti amiamo. Tu sais qu’à jamais tu es notre liberté. Tu sais que bientôt le sol, la gifle de la nuit.

(in Quels infinis paysages ?, prés. F. Rannou, L’Inadvertance, 2011)

**

L’air et les bruits de toutes parts de ténèbres
Me frappa dans l’aveugle par l’intérieur :
Ce sont tes faces malheureuse puissance
Errant dans le chaos des atomes seuls

**

À voix très basse

Mon cerveau avec moi est plein de délicatesse,
il envisage le pire par petites touches
aussitôt retirées, comme gouache sur la cire
infiniment diverse des bonnes hypothèses,
d’inconvénients mineurs, d’erreurs, de mauvais rêve.

(in : Rien commun, Belin, 2000)

**

Thrène

Jusqu’au noir d’où  /  La source s’entrevoit

S. Beckett, Paroles et musique

Toute lumière enfin éteinte repose
Pauvre corps désert. Comme tu sembles loin
Comme les mains amies désespèrent seules
De t’atteindre ! Au matin froid pourtant – les merles

27 mars 2011

Prolonger l’avoir-été, affirmer être
Avec ses yeux d’un au-delà, ses musiques,
Le dernier déjà las Bashung, et les mots
Contenus, les débordants, les mécaniques…

Des mots ne servent qu’à consentir aux larmes
Qui les encombrent, les dépassent, s’avalent
Dans leur propre origine à quoi pousse et urge
Le profond vivant désir de n’être pas

La lanterne folle de Félix Beaujour
S’élève dans la croisée, en pyramide
De chagrin parmi les ailantes, les lierres
Comme un cri. Sous le ciel les partants se courbent

Nous les partants, les passants, les promeneurs

4 avril 2011

-Ils ont vidé la maison. Indélébile
La trace d’un appareil ménager sombre.
L’odeur de cigarette à peine. Dans l’air
Asséché pas un geste. – À qui manque-t-il
Bien plus tard, trop, dans un film une pâle ombre
Passante et monstrueuse de son malheur :
Il ne faut pas aimer, il ne faut que perdre

Tombe d’avoir trop retenu son effroi

(Inedito)

**

Carré nu (nul)

La lune doucement a tourné derrière
l’immeuble. Elle épie quelques-uns dans la cour
qui s’attardent (au jeu le plus doux de la vie)
puis fond dans le ciel aqueux qui mousse d’aise,
pressentant l’aube et la remontée des rêves :
longue apnée où ils sont heureux un instant
léger comme une plume de mésange, ou
ce qu’il reste de la lune mince errant
par les seuils de ce qui n’a jamais été
comme une mère verrouillée intangible,
corps et non-corps de cette ex-lune lacune
là où dessous la noirceur leur vide vit.

Mon petit, ma lunule, mon alibi,
laisse aller à leur fin dans l’air fin les bulles.

(Inedito 2012)

_______________________________________________

Photo du 25-08-11Jean-Charles Vegliante. Nato a Roma, insegna alla Sorbonne Nouvelle-Parigi 3, dove dirige il Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Culture des Echanges http://circe.univ-paris3.fr . Traduttore di Dante (premio Halpérine-Kaminsky 2008) e di qualche barocco, nel 1977 ha pubblicato un’antologia francese della poesia italiana della fine del XX° secolo (Le Printemps italien, bilingue) e traduce Leopardi, D’Annunzio, Pascoli, Montale, Sereni, Fortini, Raboni, A.Rosselli, M.Benedetti e altri poeti italiani. Ha curato i testi italo-francesi di De Chirico, Ungaretti, A.Rosselli, Magnelli. Premio Leopardi 2009. E’ l’autore di D’écrire la traduction, Paris, PSN, 1996, 20002. La sua poesia è pubblicata in rivista (Le nouveau recueil, Almanacco Odradek, Le bateau fantôme, L’étrangère, Almanacco dello Specchio) e sul web (formafluens, Recours au Poème, Le parole e le cose) ; tra i titoli pubblicati in volume, Rien commun (Belin), Nel lutto della luce / Le deuil de lumière (trad. G. Raboni, bil. Einaudi 2004), Itinerario Nord (Vérone, 2008). E’ in corso di traduzione una scelta di poesie recenti a cura di F.Piemontese.

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3 thoughts on ““Suite, o scioglimento” di Jean-Charles Vegliante

  1. Pingback: “Suite, o scioglimento” di Jean-Charles Vegliante « La poesia e lo spirito

  2. Eccoci in una insolita proménade, tra la realtà delle cose e l’aria. La realtà delle cose, fluida, ci nuota e slitta nella lingua francese:*l’air* e “comme elles régardent* sono medium alla lingua delle donne, che è segreta. La passeggiata ospita due lingue, e in questo plancton nuotano lievità, undestatement, cambi prosodici e quel verso si allunga nella prosa, mostra la sua serpentina senza mai smarrire la bella cadenza. “Presque rien” prelude, come “Le mème en prose” a un doppio, a un viaggio.
    Che rende fascinoso e sofferto, più leggero il pianissimo, d’altra parte “les mots débordants mécaniques, les mots ne servent qu’à consentir aux larmes”, se spiccano il volo si liberano dal peso terrestre. E “In sala d’aspetto” forse torna Raboni , per me, anche Porta.
    O le lune lacune, “mia lunula”, ( la *luna, pallida puellula* zanzottino eco, o leopardiano). Non è “la forza dei reattori, nei prosatori”; ma l’auto abbandono, la pietas negata e poi mostrata, in
    s cioglimento che pertiene ai corpi,sempre colti nel loro sussurrato abbandono, “m a il tuo nemico non è altro da te”.

    Maria Pia Quintavalla

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